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La mortalité infanto-juvénile (MIJ) en Afrique est due essentiellement à la diarrhée, à la malaria, aux infections respiratoires, sans oublier l’interaction délétère avec la malnutrition (Black 2003, Figure 1). On note aussi que 38% de la MIJ est due à des causes néonatales : prématurité, infections graves, asphyxie, et le rôle potentiateur de la malnutrition intra-utérine (petit poids de naissance) (Lawn 2005).
Pour toutes ces causes de mortalité, il existe des interventions dont l’efficacité est prouvée scientifiquement. On estime que si ces interventions étaient appliquées à l’échelle des populations, la MIJ serait réduite de 63 % (Jones 2003). Pourtant, on observe que ces interventions ne sont pas mises en oeuvre. Ceci résulte à la fois d’une faiblesse de l’offre et de la demande de services de santé, et c’est une conséquence de dysfonctionnements dans les systèmes de santé eux-mêmes. Par exemple, la couverture vaccinale contre la rougeole est passée de 62% à 50% entre 1990 et 1999 en Afrique subsaharienne (Bryce 2003). Améliorer les performances des systèmes de santé apparaît dès lors un élément crucial pour diminuer la MIJ (Travis 2004).
L’exemple du Burkina Faso est emblématique des difficultés rencontrées au sein des systèmes de santé africains. On observe en effet depuis 15 ans une décroissance constante du recours aux services de santé publique par la population (Bodart 2001, Figure 2). Les éléments suivants sont particulièrement importants :
Face à ce constat alarmant, des lignes de redressement se dessinent (Travis 2004). Replacer la gestion des ressources humaines au cœur du système de santé apparaît crucial (Rowe 2005). Cela nécessitera de rendre la profession attrayante, non seulement en termes salariaux, mais aussi en termes techniques (développer la formation continue ; assurer l’équipement technique adéquat) et en termes sociaux (politique du logement ; etc.). En contre partie, le personnel de santé sera tenu de pratiquer des standards de qualité plus élevés qu’actuellement et en sera redevable (supervision avec feed-back ; renforcement des associations de patients). Les autres axes possibles d’intervention sont les suivants :
Black RE, Morris SS, Bryce J. Where and why are 10 million children dying every year? Lancet 2003; 361: 2226-34
Bodart C, Servais G, Mohamed YL, Schmidt-Ehry B. The influence of health sector reform and external assistance in Burkina Faso. Health Policy and Planning 2001; 16(1): 74-86
Bryce J, el Arifeen S, Pariyo G, Lanata CF, Gwatkin D, Habicht JP. Reducing child mortality: can public health deliver? Lancet 2003; 362: 159-64
El Arifeen Shams, Blum LS, Hoque DME, Chowdhury EK, Khan R, Black RE, Victora CG, Bryce J. Integrated management of Childhood Illness (IMCI) in Bangladesh: early findings from a cluster-randomised study. Lancet 2004; 364: 1595-602
Hongoro C, McPake B. How to bridge the gap in human resources for health? Lancet 2004; 364: 1451-56
Jones G, Steketee RW, Black RE, Bhutta ZA, Morris SS. How many child deaths can we prevent this year? Lancet 2003; 362: 65-71
Lawn JE, Cousens S, Zupan J. 4 million neonatal deaths : When ? Where ? Why? Lancet 2005; 365: 891-900
Rowe AK, de Savigny D, Lanata CF, Victore CG. How can we achieve and maintain high-quality performance of health workers in low-resource settings? Lancet 2005; 366: 1026-35
Travis P, Benett S, Haines A, Pang T, Bhutta Z, Hyder AA, Pielemeier NR, Mills A, Evans T. Overcoming health-systems constraints to achieve the Millenium Development Goals. Lancet 2004; 364: 900-06
Victora CG, Hanson K, Bryce J, Vaughan JP. Achieving universal coverage with health interventions. Lancet 2004; 364: 1541-48